Décroissance

Qu’est ce que la décroissance ?

Pour vulgariser, nous pourrions dire que la  décroissance est un prolongement d’un mouvement bien connu au Québec, la simplicité volontaire, vers le socio-politique.

En fait, il s’agit d’un mouvement de restauration de la biosphère et de la vie sociale qui implique :

Une baisse à moyen et à long terme de la production, en tant qu’activité économique. Il s’agit bel et bien d’une décroissance et non d’un ralentissement de la croissance économique illimitée, ni d’une croissance zéro. Par abus de langage et à des fins de simplification, on parle de décroissance, mais celle-ci n’est pas illimitée : c’est une décroissance dite soutenable ou viable. Si l’idée de la décroissance se réalise dans une société donnée, il arrivera un point critique où la taille de l’économie ne sera plus disproportionnée. Elle sera au diapason par rapport aux besoins à satisfaire. Dans un tel cas, la décroissance pourrait cesser et la taille de l’économie pourrait suivre l’évolution démographique de la société.

Une meilleure satisfaction des besoins immatériels et matériels de l’être humain. Cet  objectif part du constat que l’extension des rapports marchands à toutes les sphères de l’activité humaine pervertit les éléments les plus profonds de notre existence. La satisfaction de besoins immatériels tels que l’appartenance, l’estime de soi et l’accomplissement ne peut s’accomplir par l’achat de biens de consommation. Ces besoins nécessitent plutôt des biens relationnels (éducation, culture, relations humaines harmonieuses, etc.) auxquels il faut faire une place beaucoup plus grande, notamment dans le domaine du travail. À ce niveau, la décroissance implique aussi l’élimination des rapports de domination et, plus globalement, de l’impérialisme.

Pourquoi la décroissance ?

Le paradoxe écologique. La croissance économique illimitée met en danger l’équilibre des individus et de la biosphère terrestre (en termes de pérennité des richesses naturelles et de qualité de l’environnement). La notion d’empreinte écologique nous fournit une illustration : la planète Terre fournit à chacun des 6 milliards et plus d’êtres humains que nous sommes un nombre moyen de 1,8 hectares pour la satisfaction de nos besoins. Le mode de vie nord-américain (7 à 10 hectares) ou occidental (3 à 5 hectares chez les européens) utilise trop d’espace et de ressources par rapport à ce qui est disponible. Par conséquent, il n’est pas possible que tout le monde adopte ce mode de vie.

Le paradoxe des retombées économiques. Une idée dominante présentement est qu’il faut sans cesse créer plus de richesse : au lieu de partager la « tarte », il faut travailler ensemble à la faire grossir pour que tout le monde ait plus et chacun assez. Or, à l’échelle de la planète, il apparaît que c’est toujours la même minorité qui a plus alors qu’une très grande majorité n’en a pas suffisamment pour satisfaire ses besoins. Il y a amplement de richesses pour satisfaire aux besoins de tout le monde; il n’est pas nécessaire d’en créer sans cesse davantage. Il faut simplement que les ressources soient mieux distribuées.

Voilà pourquoi la décroissance ; Pour des  raisons écologiques, oui, mais aussi pour des  raisons sociales. Si les richesses naturelles étaient infinies, si la Terre était une surface infinie, la décroissance serait quand même nécessaire pour mettre fin à l’injustice sociale et aux inégalités économiques.

Une décroissance autoritaire ? La décroissance choisie librement apparaît de loin préférable à la régression subie, imposée aux pauvres par les riches. La société fournit déjà un avant-goût d’une telle régression par des mesures environnementalistes restrictives ou des situations de pauvreté imposée. Ainsi, il ne faudrait pas confondre récession économique et décroissance.

Il faut agir pour que la décroissance soit accomplie par les citoyenNEs en suivant des valeurs démocratiques et humanistes !

Quelques sites à consulter :

-Le Fèces Book du Mouvement Québécois pour une Décroissance Conviviale (MQDC)

– Le site de l’Institut d’études économiques et sociales pour une décroissance soutenable. Un groupe  français pionnier et à l’origine du journal La Décroissance. Radical mais étoffé. Leurs quelques textes  sont des incontournables.

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L’âge des low  tech

Le livre de l’année 2015 pour les objecteurs de croissance. Écrit par Philippe Bihouix, ingénieur centralien spécialiste de la question des métaux.

philippe bihouixLes problèmes auxquels nous faisons face ne pourront pas être résolus simplement par une série d’innovations technologiques et de déploiements industriels de solutions alternatives. Car nous allons nous heurter à un problème de ressources, essentiellement pour deux raisons : il faut des ressources métalliques pour capter les énergies renouvelables ; et celles-ci ne peuvent qu’être imparfaitement recyclées, ce phénomène s’aggravant avec l’utilisation de hautes technologies. La solution climatique ne peut donc passer que par la voie de la sobriété et de technologies adaptées, moins consommatrices.

Une entrevue de 13 minutes. Un article de  Bihouix résumant son livre.


 

Vert paradoxe : Le piège des solutions écoénergétiques

Un livre publié par Écosociété en 2013 dont nous venons de prendre connaissance. Nous ne l’avons pas encore lu mais le sujet nous interpelle au plus haut point !Vert paradoxe

Ampoules fluocompactes, voitures hybrides, trains rapides, frigos Energy Star : la réduction de notre empreinte écologique passe, dit-on, par l’utilisation de technologies moins énergivores. Est-ce bien sûr ? Selon David Owen, cette consommation que l’on souhaiterait « responsable » aggrave en réalité la crise environnementale planétaire.

Tel est le paradoxe des effets rebond : chaque gain d’efficacité apporté par la science et l’industrie se traduit, en bout de ligne, par une consommation énergétique globale surmultipliée. Ainsi le transport aérien, moins énergivore qu’autrefois, est devenu accessible à tout un chacun et a décuplé. Idem pour la climatisation, ce luxe devenu omniprésent. Et l’éclairage de plus en plus économique transforme peu à peu l’obscurité en une denrée rare.

Au fil d’un voyage captivant aux avant-postes du « développement durable », là où s’activent ingénieurs, inventeurs, urbanistes et économistes, l’auteur montre avec humour comment la recherche effrénée d’efficacité trompe nos meilleures intentions, et pourquoi le fait de modifier nos habitudes de consommation ne rendra pas la croissance capitaliste plus viable… à moins peut-être de modifier la plus mauvaise de ces habitudes, qui est la soif de consommation elle-même.


 

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